LES STRUCTURES NARRATIVES : TEMPS ET TEXTE (2/2)


Si vous avez lu la première partie de ce gros article dédié aux structures narratives, alors, vous savez que, aujourd’hui, nous nous attaquons aux détails. Je vous y expliquais que, quand on dit qu’il existe mille et une façons de raconter une histoire, c’est vrai, vous vous souvenez ? Maintenant, je suppose que, si vous êtes là, c’est que vous voulez en savoir plus ?

7 structures narratives

Les structures narratives
On dénombre pas moins de sept structures narratives :
  • structure linéaire : qui suit l’ordre chronologique
  • structure enchâssée : présence d’un récit dans le récit
  • structure en parallèle : plusieurs intrigues se passent en même temps et sont montrées aux lecteur·rice·s de façon alternée
  • fausse piste : læ lecteur·rice est abusé·e par l’auteur·rice (une attente précise est trompée)
  • retour en arrière : à un moment du récit, on casse la chronologie pour se pencher sur un événement antérieur au cours actuel de l’histoire
  • structure répétitive : le récit est constitué de la même séquence, qui se répète
  • chronologie inversée : on part de la fin du récit pour remonter jusqu’au début.
Ces structures dépendent majoritairement de trois éléments :
  • le temps et l’ordre chronologique : la structure linéaire, le retour en arrière et la chronologie inversée
  • l’ossature du texte : les structures enchâssée, en parallèle et répétitive
  • l’orientation du texte : la fausse piste.

3 éléments desquels dépendent les structures narratives

Parmi les principales structures narratives, nous pouvons donc noter qu’elles dépendent, chacune, d’un élément précis, lequel lui donne une trame que j’appellerai « classique » ou « éclatée », selon qu’elles jouent avec la chronologie, l’ossature ou læ lecteur·rice.

Une structure qui joue avec la chronologie choisira de raconter les faits dans l’ordre ou non, selon ce qui arrange le déroulé de l’histoire. (Et l’auteur·rice.)

Une structure avec une ossature éclatée se concentrera sur une dynamique différente (un récit dans le récit, une autre intrigue ou la répétition), là où une structure qualifiée de « fausse piste » mise tout sur la surprise.

Lire aussi « Les structures narratives : narrateur·rice et et focalisation ».

Le temps et l’ordre chronologique

Parmi les structures narratives classiques, nous avons la structure linéaire, c’est-à-dire qui raconte l’histoire dans l’ordre chronologique. Elle ne fait ni bond dans le temps ni retour en arrière, ne s’encombre pas d’un récit dans le récit et ne présente aucune intrigue parallèle. Elle peut jouer sur l’effet de surprise, sans toutefois être qualifiée de « fausse piste ». (Si vous n’écrivez pas votre histoire dans ce but précis.)

Pour les structures qui racontent l’histoire dans le désordre, nous avons le retour en arrière et la chronologie inversée. Comme son nom l’indique, le retour en arrière fait une pause, à un moment de l’histoire, pour revenir en arrière. (Flashback.) La chronologie inversée, elle, part de la fin du récit pour remonter jusqu’au début. Cette technique est intéressante quand l’auteur·rice souhaite faire du point de départ un mystère, quand iel tient à ce que læ lecteur·rice connaisse le dénouement et s’interroge sur ce qui l’a amené·e à ce stade.

Dans ce dernier cas de figure, c’est, déjà, un peu toucher à l’ossature du texte.

L’ossature du texte

S’il est possible de jouer avec la chronologie de l’histoire, il est également possible de jouer avec son ossature, en y intégrant un récit dans le récit, une autre intrigue ou la répétition d’une même séquence. Ces structures adoptent une autre dynamique, basée, non plus sur le temps, mais la présence d’autres éléments, qui s’ajoutent au fur et à mesure de l’histoire.
Un récit qui s’intègre au récit va permettre au second de bénéficier de l’éclairage du premier, là où une autre intrigue pourra se développer à partir de la première, la principale. La répétition d’une même séquence verra, quant à elle, l’ajout de détails qui affineront la vue globale, pourquoi pas en jouant sur les points de vue. (Par exemple, avec des chapitres qui racontent la même scène, mais par le biais d’un personnage différent à chaque chapitre. Cette technique pourrait, assurément, jouer un rôle dans l’orientation du texte.)

Lire aussi « Ma méthode pour construire une intrigue de roman ».

L’orientation du texte

L’orientation du texte – je l’écrivais plus haut – mise tout sur l’effet de surprise. Chacun des éléments de l’histoire, chacune de ses péripéties, chacune des informations distillées n’existent que dans le but de tromper læ lecteur·rice. Il peut s’agir d’une fausse piste dans un roman policier (où læ lecteur·rice va confondre læ mauvais·se coupable), d’une interprétation erronée, d’un coup de bluff, d’un mensonge…
La fausse piste est très délicate à manipuler, peut-être même plus qu’une chronologie éclatée. (Et, pourtant, la chronologie éclatée, je connais !) Elle implique de connaître chaque détail de votre histoire, de savoir précisément quel élément vous délivrerez à quel moment de l’intrigue, ainsi que leur impact sur celle-ci.

Vers une structure narrative plus appropriée

J’espère que tout ce méli-mélo de chronologie, d’ossature et de double récit a éclairé votre lanterne quant aux moult façons de raconter une histoire. Vous avez pu constater qu’il existe des schémas adaptés à toutes les idées, même les plus folles et que, si votre texte ne nécessite pas une structure linéaire, vous pouvez vous orienter vers une autre, plus appropriée.

Néanmoins, il n’est pas toujours aisé de s’y retrouver parmi ces structures narratives et les points de vue. Aussi vous ai-je préparé des questions à télécharger, dès demain, sur mon Patreon. (Questionnaire pour déterminer quelles structure narrative et focalisation vous souhaitez intégrer à votre roman.)

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Aude Réco, 30 ans, j’écris depuis 2005, publie depuis 2012 et blogue depuis au moins aussi longtemps.

J’ai à cœur de m’organiser pour chacune de mes activités et de vous aider à en faire de même.

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