LES STRUCTURES NARRATIVES : NARRATEUR·RICE ET FOCALISATION (1/2)


Aujourd’hui, je vous invite à nous pencher sur le cas des structures narratives, c’est-à-dire le schéma narratif de votre histoire et la façon dont vous allez la raconter. (Ou dont vos personnages vont la raconter.)
Vous n’avez aucune idée de ce dont je parle ? Aucune idée de comment un schéma narratif pourrait servir votre roman ? Alors, cet article tombe à point nommé.

La narratologie : l’étude des structures narratives

Les structures narratives : les types de narrateur·rice

Narratologie : « science de la narration », elle étudie les techniques et les structures narratives dans les textes littéraires, c’est-à-dire les procédés de narration, le point de vue choisi par l’auteur·rice pour raconter son histoire.
C’est ce point de vue qui permet à l’auteur·rice de jouer avec læ lecteur·rice, de lui faire croire ce qui l’arrange, d’étirer ou réduire le temps ou s’amuser avec la chronologie.

La narration n’est pas juste ce qui permet à l’histoire d’être racontée, elle est un véhicule qui permet de passer du point A au point Z d’une histoire, par le biais de son narrateur ou sa narratrice.

La place du personnage dans les structures narratives : entre intrigue et narration

Nous pouvons distinguer trois éléments pour composer une œuvre :

  1. l’histoire se réfère à l’enchaînement des actions
  2. le récit retrace ces actions de façon linéaire
  3. la narration retranscrit ces actions et, par extension, le récit.

Dans ce trio, læ narrateur·rice est la voix qui permet aux lecteur·rice·s de prendre connaissance du récit. Iel est celui ou celle qui le porte, et ce n’est pas pour rien que j’ai parlé de « voix » : c’est ce qu’on appelle la focalisation.
Il existe trois types de focalisation :

  1. interne : un·e narrateur·rice (ou plusieurs) qui participe à l’histoire la raconte
  2. externe : un·e narrateur·rice extérieur·e à l’histoire la raconte
  3. omnisciente : læ narrateur·rice sait tout, voire plus que les personnages.

Regarder aussi “Commence ton roman : les personnages”.

Les types de narrateur·rice

Avant de commencer à écrire votre roman, il est important de savoir où se place votre narrateur·rice par rapport à l’histoire, comment iel va la raconter, sous quel angle et dans quel ordre (ces deux derniers points font partie de ce qu’on appelle « structures narratives ») :

  • narrateur·rice extradiégétique : iel n’est pas un personnage de l’histoire racontée
  • narrateur·rice intradiégétique : iel est un personnage de l’histoire racontée (ex : structure enchâssée)
  • narrateur·rice autodiégétique : iel est le héros·ïne de l’histoire qu’iel raconte
  • narrateur·rice hétérodiégétique : iel n’intervient pas directement dans son récit (pas de prise de parole)
  • narrateur·rice homodiégétique : iel intervient directement dans son récit et en est la figure centrale (narration en « je »)

Lire aussi “Ma méthode pour construire une intrigue de roman”.

Introduction aux différents modèles de narratologie

C’est ici que ça se complique, car, quand on vous dit qu’il existe mille et une façons de raconter une histoire… c’est vrai. On ne distingue pas moins de sept structures d’histoire :

  • structure linéaire : qui suit l’ordre chronologique
  • structure enchâssée : présence d’un récit dans le récit
  • structure en parallèle : læ lecteur·rice, de façon alternée, assiste à plusieurs intrigues qui se déroulent en même temps
  • fausse piste : l’auteur·rice trompe læ lecteur·rice par le biais d’une attente précise
  • retour en arrière : à un moment du récit, on casse la chronologie pour se pencher sur un évènement antérieur au cours actuel de l’histoire
  • structure répétitive : la même séquence se répète dans le récit
  • chronologie inversée : on part de la fin du récit pour remonter jusqu’au début.

Les structures narratives dans le détail

Dans cet article, je me suis penchée essentiellement sur les personnages, leur place en tant que narrateur·rice potentiel·le et ce qui fait qu’ils connaissent ou ignorent certains pans de l’histoire. Vous avez l’impression de ne pas vous y retrouver, c’est normal : maîtriser les structures narratives et en faire bon usage n’est pas l’aspect le plus marrant de l’écriture créative. Mais, je vous ai donné les premières clés de compréhension, alors, n’hésitez pas à réécrire un même passage selon plusieurs focalisations et/ou selon plusieurs narrateur·rice·s !
Dans la seconde partie (rendez-vous le 6 mai, ici même), je m’attaquerai à la structure du récit, déclinerai les trois principales structures narratives et approfondirai la place des personnages par rapport à ces schémas.

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