En ce moment, je lis Les Carnets secrets d’Agatha Christie, et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce bouquin m’apprend un tas de choses ; non seulement sur la reine du crime, mais, surtout, sur sa manière de travailler. C’est d’ailleurs cette lecture qui m’a poussée à revoir entièrement l’organisation de mon carnet d’écriture. (Je vous en ai parlé dans ma Bulle créative #17.)

Mais c’est un tout autre sujet que je souhaite aborder ici, celui de parler de ce que l’on connaît quand on veut écrire un roman. Vous le saviez peut-être, Agatha Christie était préparatrice en pharmacie. C’est pour cette raison que l’on dénombre autant de meurtres par empoisonnement dans ses textes. Parce qu’elle parlait de ce qu’elle connaissait.

Alors, oui, ce n’est pas toujours une évidence, surtout quand on veut intégrer de la diversité dans ses manuscrits, alors que l’on n’appartient pas aux minorités. Ou quand on écrit dans les genres de l’imaginaire.

Pour le premier exemple, j’ai une solution : les sensitivity readers. (Qui ne sont pas là pour vous censurer ni pour vous faire regretter d’avoir écrit votre manuscrit.) À ce propos, vous pouvez me contacter si vous avez une nouvelle ou un roman qui nécessiterait un regard extérieur sur l’asexualité ou le biromantisme. (Ou si vous avez un personnage qui, comme moi, souffre d’hyperacousie et qu’il ne supporte plus les sempiternels « Pourquoi tu ne portes pas des bouchons d’oreille » et autres « Tu te focalises trop sur les bruits que tu ne supportes pas, aussi ! »)

Concernant mon second exemple, c’est un peu plus épineux, je vous l’accorde. Écrire dans les genres de l’imaginaire, c’est, par définition, être amené·e à imaginer tout un tas de données : vie quotidienne dans un autre monde, sur une autre planète, incursion d’un démon sur Terre… Mais c’est aussi se renseigner !

Quand j’ai commencé à écrire Noces d’éternité pour la collection gothique du Petit caveau, je n’y connaissais rien à ce genre. Je savais juste qu’il me parlait. Il faisait écho à des œuvres que j’avais déjà lues. (Les Contes macabres d’Edgar Allan Poe, pour commencer.) Partant de la brève description de la maison d’édition (lieux lugubres, amours maudites, esthétique raffinée…), j’ai commencé à me renseigner sur ce genre. J’ai d’abord étoffé ce que je savais déjà, avant de m’intéresser à d’autres supports qui traitaient du sujet. (Si vous envisagez d’écrire dans un nouveau genre, je vous recommande cet article que j’avais écrit en 2020.)

La suite, vous la connaissez : le Petit caveau a retenu ma novella, qui a même inauguré leur collection gothique. J’ai, plus tard, renouvelé l’expérience avec Cœur sommeil (romance paranormale) et La Belle au lys. (Novella gothique, également au Petit caveau.)

Avant d’écrire Noces d’éternité, j’ignorais à peu près dans quoi je mettais les pieds. Je possédais déjà les bases du fantastique, j’en connaissais les codes parce que j’en écrivais depuis mes huit ans. Et c’était tout. Mais je me suis documentée. J’ai lu des ouvrages qui traitaient de littérature gothique. J’ai réussi à trouver un ou deux documentaires sur YouTube. (Peut-être la chaîne d’Arte ?) J’ai lu ou relu d’autres livres inscrits dans ce genre. Et, au moment d’écrire La Belle au lys, j’ai pu me permettre de situer mon action en Inde britannique. (Sous le régime colonial britannique.)

Je me suis documentée pour pouvoir parler de ce que j’ai fini par connaître.

Parler de ce qu’on connaît quand on veut écrire un roman

Aude Réco

Je suis autrice dans les genres de l’imaginaire et la romance à destination des adultes et des jeunes adultes.

Mes fictions ont un but divertissant, tout en abordant des thématiques qui me sont chères, sans forcément verser dans la morale : passé, identité, famille, différence, vie après la vie. (Parce je préfère voir la mort comme une étape non définitive.)

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