« — Quel temps de chien, marmonna Antoine en baissant le volet de la porte d’entrée.

Dix-neuf heures. On ne frapperait plus chez lui pour aujourd’hui. À lui la soirée canapé avec le journal ou la radio.

Il commença par se préparer un sandwich et ouvrit une soupe en boîte pour l’accompagner. C’est qu’il ressentait chaque goutte d’humidité jusque dans ses os. Il pleuvait à verse depuis la sortie des écoles. D’un coup, le ciel s’était chargé de nuages, tant qu’il avait paru sur le point de s’écrabouiller sur la terre ferme.

Dès le début de la tempête, alors qu’il patrouillait du côté de la vieille ferme abandonnée pour rassurer madame Perliot, il avait eu un mauvais pressentiment. Quelque chose allait se passer, et, maintenant, c’était fait. Son nœud au ventre ne disparaissait pas pour autant. Antoine n’avait pas vraiment faim, d’ailleurs, aussi se demanda-t-il pourquoi il s’était préparé cet énorme sandwich.

— La fatigue.

Mais il avait oublié. Son nœud au ventre et son mauvais pressentiment de la fin d’après-midi s’étaient effacés de sa mémoire. À présent, il s’en rappelait, mais pas du moment précis où il avait oublié. Ni même d’avoir oublié. »

Que s’est-il passé ? Que cache l’oubli d’Antoine ? Et pourquoi madame Perliot avait-elle besoin qu’il la rassure en visitant la vieille ferme abandonnée, celle que tout le village évite soigneusement depuis ce qui semble toujours ?

J’ai bien avancé dans l’écriture de Dedans. (Que je prévois toujours de publier sur Patreon ce mois-ci.) C’est d’ailleurs avec un grand plaisir que je retrouve le format nouvelle, auquel je n’ai jamais vraiment prêté d’attention. (Je lui préfère de loin le format roman pour l’espace qu’il m’offre, mais écrire une nouvelle, c’est apprendre à dompter d’autres impératifs, et ça reste hyper intéressant et formateur.)

Dedans n’est pas une histoire de maison hantée banale. Comme son titre l’indique, tout se passe « dedans ». Plus dans la tête et dans la mémoire des personnages que dans la vieille ferme abandonnée, peut-être, mais je vous laisserai en juger quand ça sortira. (Encore une fois, je préfère ne pas donner de date tant que tout n’est pas bouclé.)

Vieille ferme, mauvais pressentiment et soupe en boîte

Aude Réco

Je suis autrice dans les genres de l’imaginaire et la romance à destination des adultes et des jeunes adultes.

Mes fictions ont un but divertissant, tout en abordant des thématiques qui me sont chères, sans forcément verser dans la morale : passé, identité, famille, différence, vie après la vie. (Parce je préfère voir la mort comme une étape non définitive.)

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