Le genre fantastique est de loin mon préféré dans l’écriture. Il permet de mêler le réel et l’inconcevable. Il remet en question la raison des personnages, ainsi que leurs certitudes. Il fait la part belle aux décors, là où les récits se concentrent trop souvent sur les personnages, leurs émotions et l’espace immédiat dans lequel ils évoluent.

Je crois que j’ai écrit mon tout premier roman fantastique pour le frisson. Celui que je me donnais en écrivant – maladroitement – toutes ces scènes effrayantes, voire un peu horrifiques. Une vingtaine d’années plus tard, me voilà avec deux novellas gothiques parues aux éditions du Petit caveau (Noces d’éternité et La Belle au lys), un roman prépublié sur Wattpad et que je viens de sortir en autoédition (Les Murmureurs, qui a remporté un Watty Award, en 2019, dans la catégorie « Fantastique »), un nouveau roman en chantier (La Dernière pièce dans ma tête au fond), un autre en préparation… et tous ceux dont je n’ai pas parlé ici.

Noces d’éternité, je l’ai écrite dans le but secret de me faire enfin publier au Petit caveau. L’équipe avait lancé un appel à textes pour leur toute nouvelle collection gothique et cherchait des titres pour la lancer. Noces d’éternité est le livre qui a ouvert le bal. À l’époque, les codes du gothique m’échappaient totalement. Ce n’est qu’en lisant la description proposée dans l’appel à textes que je suis tombée amoureuse de ce genre. Je me suis renseignée sur lui, sur ses codes, sur ses thématiques… J’ai lu quelques livres pour me faire une idée plus précise et j’ai commencé à gribouiller un plan, puis quelques scènes, puis la novella. (Le tout entourée des cartons de notre déménagement à venir.) Vous connaissez la suite. Texte accepté, magnifique couverture signée Alexandra V. Bach, un prix Vampires et Sorcières 2014…


Je n’ai trop rien à dire sur l’écriture de La Belle au lys. J’avais très envie d’écrire un roman dont l’intrigue serait centrée sur un tableau, comme dans ces nouvelles du dix-neuvième siècle. J’en ai fait une novella, car je n’avais pas assez d’éléments pour un roman. J’ai joué sur la succession des points de vue sur une même scène, un même évènement, et c’est ainsi que le fantastique s’étoffe dans ce texte : chaque personnage voit, entend ou interprète différemment des autres. Ça a été très intéressant à écrire.

Enfin, pour Les Murmureurs, je voulais changer de cadre. Noces d’éternité et La Belle au lys se déroulent respectivement dans un manoir hanté et une villa en Inde, dans laquelle se fanent des fleurs fraîches et où saigne un portrait chaque nuit. Pour mon premier vrai roman fantastique, je savais que j’aurais besoin de plus d’espace, mais pas à l’échelle d’une ville. Je ne me sentais pas capable d’en affronter les différents quartiers, les rues, les communautés… J’ai donc opté pour une île sur laquelle tout le monde se connaît plus ou moins. Une île qui ressemble à un petit paradis de loin, mais ne tarde pas à se transformer en enfer au fil des disparitions, des drames, des évènements et des doutes. C’est dans une sale galère que j’ai mis mon pauvre Edward en l’envoyant là-bas. Un peu moi, aussi. Je n’avais pas du tout prévu certains personnages. Je n’avais pas prévu de leur donner voix au chapitre. Certains apparaissaient, sans aller plus loin. Finalement, j’ai eu raison, car en a découlé l’une des meilleurs scènes que j’ai pu écrire.

J’en profite pour vous rappeler que ces livres sont toujours disponibles à la vente. Les Murmureurs vient de paraître. (En autoédition, donc, si vous voulez me soutenir, c’est le moment. En plus, si avec tout ça, je ne vous ai pas mis l’eau à la bouche…) Il est disponible sur Books on Demand, Amazon, Kobo, Fnac, Decitre… (Papier et numérique.)

En arriver à écrire un roman de fantastique

Aude Réco

Je suis autrice dans les genres de l’imaginaire et la romance à destination des adultes et des jeunes adultes.

Mes fictions ont un but divertissant, tout en abordant des thématiques qui me sont chères, sans forcément verser dans la morale : passé, identité, famille, différence, vie après la vie. (Parce je préfère voir la mort comme une étape non définitive.)

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