Écrire quand on est fatigué·e, on le sait, c’est difficile. Voire impossible. On n’arrive pas à aligner les deux neurones qui ont survécu à la journée ni à se dégager un vrai temps d’écriture parce qu’on dort debout. Alors, on procrastine. On finit par scroller jusqu’à ce que l’on n’en puisse plus, on s’attelle à mille et une tâches qui ne sont pas urgentes… Bref, on n’écrit pas. On ne réfléchit même pas au roman en cours.

Certain·e·s diront que tout est question de mental. Oui et non. Gardez à l’esprit que chacun·e est différent·e face à la fatigue, qu’on n’a pas tou·te·s la même tolérance, ni la même vie quotidienne, ni le même emploi.

Dans cet article, je m’appuierai sur mon propre exemple de migraine souffrant d’hyperacousie. (Pathologie qui génère l’intolérance à certains sons ou environnements bruyants. Dans mon cas : moteur de voiture et circulation en générale, souffle de l’aspirateur, musique ou télé des voisins, sono…) Comme l’hyperacousie est assez méconnue, j’ai appris à générer des astuces pour ne plus être gênée :

  • Casque ou écouteurs intra-auriculaires anti-bruit : j’ai mes écouteurs anti-bruit depuis Noël, et ils me changent la vie (percevoir les sons à une intensité plus importante que la moyenne est très fatigant, d’où l’intérêt de m’isole de bruit pour ne pas finir épuisée dès la fin de la matinée)
  • Travailler aux moments les plus calmes (bien que je vive dans une rue assez calme de base) : avant, il m’arrivait d’écrire la nuit, là où, aujourd’hui, je préfère l’écriture matinale (c’est à vous de voir selon votre quotidien et si vous gérez mieux la fatigue du lever ou celle de la fin de journée)
  • Écrire de préférence sur papier pour un environnement sonore plus doux, comparé au ventilateur de l’ordinateur portable. (En plus, écrire sur papier me fatigue moins les yeux et me permet de travailler même en cas de migraine.)

Côté fatigue due aux migraines, justement, je suis passée par tout un tas d’essais peu concluants. (Jusqu’à ce que je me décide pour la pilule en continu et, youpi ! j’ai beaucoup moins de migraines depuis – mais je suis consciente que cette option ne convient pas à tout le monde.) Voici donc mes autres astuces de migraineuse pour réussir à écrire quand même (un peu) :

  • Ne pas manger trop lourd ni trop gras ou trop sucré : c’est un conseil un peu « lunaire », mais votre comportement peut faire toute la différence !
  • Prendre un vrai rendez-vous avec soi-même, sans se fixer d’objectif précis : il n’y a rien de pire qu’un rendez-vous manqué ou qu’un objectif non atteint, alors, on y va tranquillement ; tout de suite, ça vous retirera ce sentiment d’obligation qui vous bloque peut-être à cause de la fatigue (quand on ne pense qu’à se reposer et à prendre du bon temps)
  • Dans la même initiative, rendre l’écriture agréable : une bougie parfumée, un plaid, une musique relaxante peuvent changer le regard que vous portez sur l’écriture (ça reste une activité contraignante, mais le mental y voit un temps que l’on s’accorde au profit d’une activité que l’on apprécie)
  • Inverser l’écriture avec une autre activité (la pratiquer avant de manger pour éviter le contrecoup de la digestion ou avant la séance de sport)
  • Éviter les distractions (plus vite on s’y met, plus vite on a fini) : les distractions peuvent se révéler épuisantes (il suffit de lire le flot de conneries qui circulent sur Twitter pour comprendre), surtout quand on essaie de rattraper le temps perdu
  • Ne pas écrire seul·e : à ce titre, je vous invite à me rejoindre sur Twitch le lundi 7 février, de 13 h 30 à 14 h 30 !

De manière générale, faites de l’écriture un moment empreint de gratitude. (Vous pouvez même noter vos gratitudes après une séance d’écriture.) Un moment durant lequel vous avez une emprise sur les choses, durant lequel vous gérez la situation, les évènements, les réactions des personnages, durant lequel vous vous déconnectez de votre réalité.

8 astuces pour écrire même quand on est fatigué·e

Aude Réco

Je suis autrice dans les genres de l’imaginaire et la romance à destination des adultes et des jeunes adultes.

Mes fictions ont un but divertissant, tout en abordant des thématiques qui me sont chères, sans forcément verser dans la morale : passé, identité, famille, différence, vie après la vie. (Parce je préfère voir la mort comme une étape non définitive.)

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