Écriture et procrastination

Écriture et procrastination

Écriture et procrastination

Le facteur temps est, sans conteste, celui qui revient le plus souvent : « Je n’ai pas le temps », « Je ne peux pas participer à cet appel à textes, car la deadline est trop proche », « Ma pause déj’ est trop courte pour écrire »…

Pourtant, parmi ces personnes qui n’ont pas le temps, certaines finissent par en trouver. Elles s’aménagent des créneaux pour écrire, apprennent à se concentrer, voire bannissent la procrastination.

Écriture, procrastination et motivation

ÉCRITURE ET PROCRASTINATION

Fâcheuse tendance à reporter au lendemain (ou à jamais) ce que l’on peut faire le jour même, la procrastination est un fléau pour qui aimerait (se remettre à) écrire.

La procrastination consiste à reporter au lendemain une tâche précise, qui, le plus souvent, pose problème.

Ce terme, né du latin pro (« en avant ») et crastinus (« du lendemain »), est entré dans le langage courant il y a quelques années, mais beaucoup pensent encore, à tort, qu’un·e « retardataire chronique » est quelqu’un qui ne fait rien. (Un·e fainéant·e, n’ayons pas peur des mots, c’est précisément le domaine qui nous intéresse ici.)

Écrire, c’est maîtriser certaines bases fondamentales, à commencer par le contraire de la procrastination. Écrire, c’est agir. Écrire, c’est trouver la motivation nécessaire pour alimenter la machine. C’est se constituer une boîte à outils anti-procrastination. À vous de voir si vous voulez puiser dans des applications, des logiciels ou des bloqueurs de réseaux sociaux. À vous de voir si vous voulez tester l’écriture sur papier, loin des écrans et de la tentation d’Internet (même si ce n’est pas forcément pratique quand on a une recherche à faire, de dernière minute ou non), mais toujours, interrogez votre motivation avant de vous lancer. Toujours, demandez-vous si vous êtes prêt·e à aller jusqu’au bout, à essayer, à prendre le temps… De même, voyez en fonction de vos aptitudes et connaissances. Si écrire sur un sujet qui nécessite beaucoup de recherches est enrichissant, il faut compter un temps supplémentaire pour réunir et parcourir la documentation nécessaire.

Écrire, c’est aller au devant de ses angoisses et ne pas se laisser impressionner par la quantité de travail à fournir. Mais en toute honnêteté, écrire, c’est aussi procrastiner. Parfois. Oui, la procrastination a du bon, mais comme pour les chocolats, il ne faut pas en abuser. (C’est plus pratique quand elle ne découle pas d’une piètre estime de soi, je vous le concède.)

LA PROCRASTINATION : QU’EST-CE QUE C’EST ?

Plus que remettre au lendemain une tâche que l’on peut accomplir le jour même, la procrastination consiste à reporter une tâche précise, généralement problématique. Procrastiner n’est donc pas ne rien faire. Procrastiner ne revient pas à passer le plus clair de son temps sur les réseaux sociaux, par exemple. Tout à coup, on a juste cinq mille choses à faire histoire d’éviter le problème, plutôt que le régler.

La procrastination, comme ça, elle n’a l’air de rien, mais peut réduire à néant de beaux efforts. Par ailleurs, elle peut cacher d’autres sources qu’un bête manque de motivation : on a tou·te·s déjà entendu un·e auteur·e dire « Je n’ai pas le temps » ou « C’est compliqué », sans oublier l’estime de soi et la peur de ne pas y arriver. (La liste est, bien sûr non exhaustive.)

QUELLES PEUVENT-ÊTRE LES CAUSES DE LA PROCRASTINATION ?

Au chapitre des causes de la procrastination, nous pouvons citer :

  • le manque de motivation
  • le manque de concentration ou la difficulté à se concentrer
  • l’absence d’organisation ou une organisation qui ne correspond pas à l’auteur·rice
  • un manque, voire une absence, de l’estime de soi (légitimité, syndrome de l’imposteur)
  • la peur de l’échec
  • une mauvaise gestion du temps.

QUELLES PEUVENT-ÊTRE LES SOLUTIONS À LA PROCRASTINATION ?

Tout au long de la semaine, nous avons pu voir, dans les vidéos, divers procédés pour limiter la procrastination. (J’avais introduit la série par « Se donner les moyens ».)

(APPRENDRE À) CONNAÎTRE SA PRODUCTIVITÉ

Productivité : rapport entre un résultat obtenu et les moyens mis en œuvre pour y parvenir.

Ce qui nous ramène à la toute première vidéo de la série : « Se donner les moyens ».

J’y établissais le lien entre l’écriture et la volonté d’écrire, la procrastination et ses sources.

LES 6 LOIS POUR ORGANISER SON TEMPS DE TRAVAIL

Je profite de cet article pour vous rappeler les six lois pour organiser son temps de travail. (Car les imprévus et leurs petits camarades peuvent conduire à la procrastination.)

Procrastination : 6 lois pour organiser son temps de travail

DES OUTILS POUR (RÉ)ACQUÉRIR DE LA PRODUCTIVITÉ

Dans la deuxième vidéo de la série, je vous donnais trois outils qui m’ont aidée à réacquérir ou m’aident actuellement à conserver ma productivité. J’en ajouterai deux autres :

  • l’application Noisli : 2,29€ (gratuite sur l’ordinateur) – possibilité de créer ses propres combos – choix varié d’ambiances – très simple d’utilisation
  • l’application Writeometer : gratuite – elle dispose, notamment, d’un chronomètre pour ses sessions d’écriture
  • Writecontrol : traitement de texte enrichi en ligne – réglage des objectifs – possibilité de modifier les couleurs de l’interface (mode nuit) – dictionnaire des synonymes intégré
  • l’application Trello : outil de gestion de projet (disponible aussi sur ordinateur) – gratuit – possibilité de créer plusieurs tableaux, des listes et des barres de progression
  • Celtx : logiciel de préproduction multimédia destiné aux scénaristes, mais adapté aux auteur·e·s – création de scénario, documentaire, roman, storyboard…

On n’oublie pas non plus que plus on dispose de temps pour accomplir une tâche, plus on a tendance à procrastiner.

CONNAÎTRE ET ÉTABLIR SES LIMITES

S’il est intéressant de suivre les conseils des auteur·e·s, de piocher dans diverses méthodes pour constituer la sienne, vous êtes-vous déjà demandé s’ils respectent vos limites ?

COMMENT CONNAÎT-ON SES LIMITES ?

C’est en éprouvant vos limites et en apprenant à vous connaître, vous, que vous les appréhenderez. Plus vous écrirez et expérimenterez, mieux vous les comprendrez.

Connaître ses limites n’implique pas que votre temps disponible et votre état d’esprit. N’oubliez pas que votre corps a, lui aussi, son mot à dire.

Enfin, ne vous imposez pas le rythme des autres. Écrire chaque jour, aligner 10000 mots par semaine, faire des sessions d’écriture d’une heure minimum… Ne le faites pas si ça ne correspond pas à votre rythme d’écriture ! Pour autant, ne négligez pas les trucs et astuces des autres ; il y a de la matière à exploiter pour créer ou fignoler votre propre méthode.

« JE FERAI MIEUX DEMAIN » ET AUTRES PENSÉES POSITIVES

Un peu plus haut, je vous parlais d’état d’esprit pour écrire. C’est logiquement que j’enchaîne avec un peu de positivisme.

Positivisme et procrastination

Sans forcer ni se fourvoyer, le positivisme peut vous « conditionner à penser comme il faut » quand il faut, c’est-à-dire quand tu en as besoin.

Je précise néanmoins que le positivisme à toute épreuve exerce un effet pervers, celui de vous détourner de la réalité. Inutile, donc, de vous ruer sur des livres du bonheur, qui vous diront, la plupart du temps, que n’importe qui peut atteindre n’importe quel but à force de pensées positives.

Elles pourraient quand même vous aider à voir le bon côté des choses, à dédramatiser l’écriture. Surtout, n’oubliez pas que vos seules contraintes sont celles que vous vous imposez. (À partir du moment où vous faites avec ce que vous avez, cela s’entend.)

LES IMPACTS NÉGATIFS SUR SON MANUSCRIT

Partir perdant·e impactera un projet ou un processus créatif de façon négative.

On ne peut pas écrire un roman entier dans la joie et la bonne humeur, mais chaque chapitre bouclé est une petite victoire ; il faut se concentrer là-dessus et faire régulièrement le point sur ses objectifs.

ATTEINDRE SON OBJECTIF

Les obstacles, même inconscients, du type « Je n’y arriverai pas », « On ne s’intéressera jamais à moi » influencera la qualité du manuscrit et la perception de la part du monde éditorial. (Oui, on peut entretenir un rêve et rester réaliste.)

Toujours penser à son objectif (positivement ou négativement) empêche un détachement nécessaire. Certain·e·s poursuivent leur texte en se disant qu’il est mauvais, quoi qu’il advienne. (Parfois, une bonne surprise les attend à la relecture.) Il faut voir au-delà du travail accompli : que vous apporte l’écriture ? Épanouissement, confiance, plaisir ?

Atteindre son objectif est un processus composé de deux éléments qui se complètent : si l’on sait ce que l’on souhaite, on pourra tout mettre en œuvre pour l’obtenir.

UN GOÛT D’INACHEVÉ

L’objectif loupé laisse un goût d’inachevé ou un vide. Cet objectif paraissait essentiel, peut-être à tort ; c’est à vous de le déterminer.

Se détacher de son texte permet une approche différente. J’appelle ça relativiser l’écriture. Par ailleurs, prendre de la hauteur, puis analyser permet un formidable travail sur soi. Pour espérer lutter contre sa procrastination, il faut la comprendre, et ceci passe par se comprendre soi-même.

Écrivez, plutôt qu’imaginer les 1001 façons dont les choses pourraient se passer !

LE SYNDROME DE L’IMPOSTEUR : VIVRE AVEC PLUTÔT QUE L’IGNORER

Syndrome de l’imposteur (ou de l’autodidacte) : quand une personne qui réalise quelque chose reporte sa réalisation ou le succès de cette réalisation sur une circonstance, un évènement externes, voire une coïncidence.

Beaucoup commettent l’erreur d’ignorer leur syndrome de l’imposteur. Or, quand on écrit, il faut se connaître, et si vous souffrez du syndrome de l’imposteur, vous aurez beau feindre le contraire, ça finira par vous retomber dessus.

Lire aussi “L’estime de soi : l’écriture, l’ego et les autres”.

Vous vous dites, selon les cas, que vous avez l’excuse de l’âge, de l’inexpérience, voire de l’illégitimité. Vous pouvez aussi vous dire que le talent n’attend pas le nombre des années, que l’expérience, ça s’acquiert, et que si vous voulez aborder des sujets qui ne vous concernent pas directement, pas personnellement, vous pouvez demander aux concerné·e·s de vous donner un coup de pouce.

L’idée de n’écrire que sur ce que l’on connaît se limite à celleux qui ne chercheront pas plus loin que le bout de leur nez. En revanche, écrire sur ce que vous maîtrisez, ça, oui !

Vous ne pourrez pas vous débarrasser du syndrome de l’imposteur d’un claquement de doigts ; c’est un trop long travail à faire sur soi-même. En revanche, vous pouvez essayer de le comprendre pour, plus tard, en décortiquer les mécanismes.

J’espère que ce bilan hebdomadaire développé vous aura permis d’approfondir certains éléments apportés dans les vidéos de la semaine.

Si vous avez des questions, comme toujours, n’hésitez pas à me contacter via le formulaire ci-dessous.

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