Certain·e·s planifient tout ce qu’iels peuvent (comme moi), tandis que d’autres travaillent mieux sous la pression. Que vous préfériez anticiper sur votre deadline ou travailler à la dernière minute, vous retrouverez chacun de ces cas de figure dans l’article. N’oubliez pas que, comme les jarditectes et les archinier·ère·s, vous pouvez piocher un peu dans les deux catégories. (Il m’arrive parfois de mieux travailler sous la pression, alors que je suis l’organisation personnifiée en termes d’écriture.)

Trouver la motivation dans les deadlines en s’organisant

On peut être une personne organisée et préférer travailler sous la pression. (Oui, « préférer ».) D’autres n’aimeront pas tellement travailler sous cette pression, mais c’est ainsi qu’iels fonctionnent. D’autres encore anticiperont autant que possible, mais ne réagiront qu’à la dernière minute, malgré tout. Enfin, les dernier·ère·s anticiperont si bien qu’iels effectueront leurs tâches en temps et en heure. (Selon leur planning, quoi.) Et si j’écris qu’iels « anticiperont si bien », ce n’est pas pour que vous vous sentiez comme une misérable crotte, à gérer de justesse, mais parce que c’est justement l’impression que peuvent donner les organisé·e·s sur les autres.

Petit rappel avant d’aller plus loin, donc :

  • Chacun·e sa façon de procéder : une méthode d’organisation n’en vaut pas une autre, et c’est à chaque personne de choisir à quel niveau iel souhaite s’organiser
  • L’organisation n’est pas faite pour tout le monde : il y a des électrons libres, sur cette Terre, dont je me demande comment ils peuvent tout gérer sans la moindre once d’organisation, mais c’est ainsi. Si vous en êtes et que ça fonctionne de la sorte, ne changez rien
  • L’idée même d’organisation peut être stressante pour certaines personnes : après tout, il s’agit de modifier la façon dont on procède, de se mettre à planifier des tâches, et c’est un apprentissage. Si l’organisation vous effraie, allez-y étape par étape, notez ce dont vous avez vraiment besoin et ne vous focalisez pas sur la méthode des autres
  • Si vous avez déjà essayé de vous organiser pour gagner en sérénité (par exemple), mais que pas une fois, ça n’a fonctionné, réfléchissez sur les causes possibles : oui, je pense à la procrastination, mais on ne procrastine pas parce qu’on a la flemme. (Naturellement, je vous renvoie vers mon guide Comprendre la procrastination pour atteindre ses objectifs.)

Nous l’avons vu un peu plus haut, les deadlines, ça peut être cool ; parfois, le coup de pied aux fesses dont on avait justement besoin. Nous avons aussi vu que certaines personnes aiment travailler sous pression (parce que ça fonctionne) et que d’autres gèrent sur le tas. Voyons maintenant l’effet le plus vicieux des deadlines.

L’effet vicieux des deadlines

Je suis à peu près sûre qu’un mot a dû poper dans l’esprit de certain·e·s : le stress.

Gérer à la dernière minute – que l’on sache ce qu’on a à faire ou non – génère du stress. Il y a, bien sûr, la libération de l’adrénaline, qui permet de réagir très vite… face à une situation stressante. (J’en profite pour rappeler que le stress génère des problèmes de santé comme l’hypertension artérielle, l’anxiété, des insomnies…)

Gérer à la dernière minute une tâche ou deux, c’est OK et ça arrive à tout le monde. En gérer beaucoup, souvent (voire de façon chronique), c’est moins OK. (Encore une fois, certaines personnes procèdent ainsi, et je ne cherche pas à changer ça.) Pour cette raison, j’aborderai, dès maintenant, le cas des personnes qui gèrent à la dernière minute 1) parce qu’elles manquent d’organisation (ce qui n’est pas une généralité) et 2) parce qu’elles procrastinent.

Le cas des personnes qui manquent d’organisation

Je le mentionnais plus haut, devoir s’organiser du jour au lendemain, ça fait peur. Bon, déjà, vous n’avez pas à apprendre à vous organiser du jour au lendemain ; je le répète, agissez progressivement. Le développement d’une nouvelle habitude prend, au minimum, vingt-et-un jours. Ça laisse le temps de voir venir.

Pour autant, manquer d’organisation n’est pas une fatalité. Moi-même, j’étais une désorganisée notoire. (Sauf en termes de devoirs à la maison.) Pour l’écriture, j’y allais comme ça venait, mais pour avancer (et surtout, pour avancer de façon cohérente avec ses objectifs, comme publier un livre), j’ai dû me plier à certaines règles. Moi, j’y ai pris goût, ce qui ne sera pas le cas de tous ceux et toutes celles qui se frotteront à l’organisation.

Pour atteindre mon « niveau » d’organisation, j’en suis passée par plusieurs étapes, que je vous résume ci-dessous :

  • J’ai d’abord commencé par ne pas aller voir ce qui se faisait alors chez les autres, puis j’ai dressé une liste d’objectifs (dont certains n’étaient absolument pas tenables)
  • À partir de cette liste (et on se fout que ces objectifs soient tenables ou non, à ce stade, l’idée est d’avoir une première liste), j’ai noté ce dont j’avais vraiment besoin pour avancer (et pas forcément pour atteindre mes objectifs, c’est venu plus tard) : un encadrement de travail (environnement, matériel, créneaux d’écriture) et un suivi de mes progressions (ça marche pas mal pour alimenter la motivation)
  • J’ai laissé prendre, et peu à peu, des mécanismes me sont venus. Quand j’ai commencé à respecter mes propres règles (selon mes besoins et mes limites), j’ai pu travailler sur mes objectifs et mes priorités grâce à la matrice d’Eisenhower, à la grenouille de Brian Tracy, puis, plus récemment, grâce au travail en profondeur.

Le cas des personnes qui procrastinent

Passons maintenant au cas des personnes qui procrastinent leur organisation et leurs tâches à accomplir.

Je suis de celleux qui ne procrastinent pas, mais j’ai longuement étudié le sujet, d’abord pour éclairer celleux qui pensaient n’être que des flemmard·e·s, puis pour écrire Comprendre la procrastination pour atteindre ses objectifs, en vue d’aider les auteur·rice·s qui procrastinent leur écriture. Alors, évidemment, le mieux serait que vous achetiez ce guide pour pouvoir le lire et approfondir le sujet, mais je vais vous donner ici quelques lignes « directives » pour appréhender le problème (parce que la procrastination est un réel problème) :

  • Vous pouvez fuir l’exécution de vos tâches parce qu’elles vous posent un problème : manque de motivation, manque de concentration ou difficulté à se concentrer, mauvaise gestion du temps (qui ne résulte pas forcément d’une mauvaise organisation, je le rappelle), un manque ou une absence d’estime de soi, la peur de l’échec, l’absence d’organisation ou une organisation qui ne vous correspond plus
  • Vous pouvez fuir l’organisation pour les mêmes raisons : ça ne fait pas de vous quelqu’un qui ne sait pas gérer ses problèmes ou qui leur tourne le dos, juste une personne qui a besoin de réponses et qui ne sait peut-être pas vers quelle(s) solution(s) s’orienter, qui est peut-être mal informée sur le sujet de la procrastination, aussi.

Trouver son rapport sain à la deadline

Les deadlines, c’est très bien, et chacun·e procède comme iel veut/peut. Si on peut néanmoins ôter le stress (et les questionnements en tout genre) qu’engendre le travail de dernière minute, même quand on sait que l’on fonctionne ainsi, ce serait encore mieux.

Le tout est de garder un œil sur son temps réellement disponible en considérant les tâches du quotidien (vaisselle, repas, enfants…) et les temps de repos, essentiels au renouvellement de notre motivation. Il faut aussi garder à l’esprit que l’approche d’une deadline est surtout efficace grâce à la libération d’adrénaline dans le corps, hormone qui aide face aux situations de stress.

Enfin, il y a celleux persuadé·e·s de gérer à la dernière minute, alors qu’iels gagneraient à essayer une autre méthode et, surtout, à comprendre ce qui les persuade d’agir ainsi, de ne pas réagir plus tôt. Si vous cherchez une solution pour d’abord comprendre la procrastination, puis pour vous organiser et écrire votre roman en un temps donné, je vous recommande mes deux ouvrages ci-dessous.

Aude Réco

Je suis autrice dans les genres de l’imaginaire et la romance à destination des adultes et des jeunes adultes.

Mes fictions ont un but divertissant, tout en abordant des thématiques qui me sont chères, sans forcément verser dans la morale : passé, identité, famille, différence, vie après la vie. (Parce je préfère voir la mort comme une étape non définitive.)

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