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Une frégate organique volante, une ville désertée et une brume qui empeste l’œuf pourri.
Dans une cité autrefois vivante, le capitaine d’un navire marchand et son lieutenant partent en quête d’une lumière capable d’alimenter une étrange cargaison.

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UN PHARE DANS LA NUIT

Quand le maître de manœuvres beugla de déraper l’ancre, il était trop tard. Les gars de la timonerie avaient stoppé les machines, et le temps de les relancer, les pirates Tansri aborderaient déjà le Sulituan. Immobilisée dans une mer de ciel sans lune, la frégate resta amarrée au seul phare de Petis, érigé sur son caillou et raccordé à la ville par un escalier branlant. Phare qui, normalement, devait éclairer les voies aériennes.

Depuis la dunette, son lieutenant Nazani à ses côtés, Aram analysa rapidement la situation. Impossible de repartir assez vite, il faudrait, de toute manière, croiser le fer avec les Tansri. Par ailleurs, une purée de pois se levait au-delà du phare, lequel tenait à peine debout. Des pans entiers de pierres étaient tombés, et la ligne du gardien pendait tristement d’une fenêtre, un poisson volant mort au bout. Aram ne voyait pas en bas ; les lanternes du bastingage éclairaient juste assez l’édifice pour ne pas s’y enfoncer jusqu’au gaillard d’arrière. Et puis le Sulituan n’avait pas son pareil pour flairer les situations foireuses. Son capitaine regretta de ne pas l’avoir écouté quand il avait freiné des quatre fers à l’approche de Petis.

L’œil collé à sa longue vue, Nazani surveillait la progression de l’ennemi.

— Nos hommes sont parfaitement entraînés, capitaine, dit-elle d’une voix posée. Ils botteront le cul des Tansri ou périront.

Ce qui m’inquiète, soupira Aram, c’est le phare éteint.

Les deux marins n’eurent pas l’occasion de prolonger la conversation. Le Sulituan, jusqu’alors à peu près tranquille, frémit de toute sa coque. On grimpait par les amarres larguées dans le vide.

— Ça va aller, mon beau, murmura Aram en caressant le bastingage. Tu as entendu Nazani… Les hommes se débrouilleront.

Le ton apaisant ne dissimula cependant qu’à moitié ses inquiétudes. Sa cargaison devait non seulement rester en sûreté, mais aussi, et surtout, elle avait besoin de la lumière censée alimenter toute la ville, plongée dans le noir.

La compagne d’Aram attendait, quelque part, que l’on rendît à son vaisseau-monde les occupants qu’il transportait. Elle écumait les étoiles à bord de sa ruine volante, comme elle l’avait toujours fait. Aram se demanda grâce à quoi elle trompait la solitude. Normalement, son bâtiment abritait cinq mille âmes, stockées dans une réalité virtuelle depuis six mois. Pour les sauver. Enfin, ça, c’était si Aram trouvait de cette lumière spéciale pour alimenter leur monde. Dans le cas contraire, tout s’éteindrait et…

À bord du Sulituan planait un silence mortuaire. L’équipage ne disait mot et Aram lui-même épiait son environnement immédiat, les doigts crispés sur la garde de son épée. Les lanternes étiraient des ombres dans lesquelles n’importe qui pouvait se cacher. Le temps se suspendit, interminable.

Un cri déchira la nuit, suivi de plusieurs autres : les Tansri abordaient la frégate.

Aram défourailla conjointement avec Nazani. Dos à dos, ils couvraient plus d’espace. Les lames s’entrechoquèrent de partout. Résonnèrent sous le crâne d’Aram, qui se concentrait sur son duel. Il tenta en vain de percer l’armure métallique de ses deux adversaires. Protégés sous les aisselles, autour du cou et des articulations, ils étaient difficiles à atteindre. Ils semblaient cuirassés d’un bloc. L’alliage, léger, leur permettait d’esquiver rapidement et de riposter avec dextérité, des gestes amples et précis.

Jusqu’à présent, Aram n’avait reçu que des coups superficiels. Bleus et contusions apparaîtraient dès le lendemain, mais il évitait la plupart des lames. Concentré sur son propre combat, il veillait essentiellement à rester dos à Nazani afin qu’ils assurent mutuellement leurs arrières. Tout se déroulait à peu près bien, malgré un abordage qui s’éternisait, quand un sifflement, suivi de très près par une secousse, attira l’attention du capitaine.

— Chargez les canons ! vociféra-t-il pour contre-attaquer.

Il ignora les plaintes du Sulituan, que le bois écorché faisait souffrir. Il lui avait promis que tout irait bien, bon sang ! Mû par une volonté de fer, il fonça tête baissée vers l’un des Tansri, esquiva sa lame ensanglantée et le heurta de plein fouet dans le ventre. Son adversaire tituba en arrière, rebondit contre le bastingage, mais lâcha son épée sous la surprise. Son comparse pointa une arme sur Aram. En un éclair, le capitaine dégaina la sienne, visa, verrouilla sa cible, puis tira. La déflagration l’arracha de sa torpeur momentanée. Le doux parfum de la poudre le requinqua. Il décocha un crochet du droit à l’autre Tansri, puis le jeta par-dessus bord.

Derrière lui, Nazani jouait de ses deux lames. Un nouveau coup de canon retentit. La coque trembla, le Sulituan gémit de plus belle en commençant à virer de bord.

Le silence retomba soudain, après une débandade fulgurante. Les Tansri débarquèrent en quelques secondes, abandonnant dans leur sillage une sensation d’inachevé qui ne leur ressemblait pas.

— La brume ! clama le maître de manœuvres.

— Elle fonce droit sur nous ! renchérit un enseigne.

Aram courut jusqu’à la figure de proue et s’aperçut qu’il disait vrai : le brouillard s’était épaissi et progressait dans leur direction en avalant tout sur son passage. Il exhalait une odeur d’œuf pourri et émettait un vrombissement continu pénible à entendre. À peine perceptible, il en appelait à des sentiments de malaise et d’angoisse profondément enfouis dans ceux qui l’entendaient. Ce n’était pas le moment de manœuvrer à l’aveugle ; le Sulituan finirait dans le décor à coup sûr. Têtu qu’il était, il continuait de virer de bord. Quelque chose n’allait pas ; cette peur panique, la prise de décisions…

— Dérapez l’ancre ! lança Aram pour aider la frégate. Prévenez la timonerie, on dégage !

Le maître de manœuvres transmit les ordres. Aussitôt, de solides gaillards s’activèrent autour du cabestan. Le bâtiment se mit à bouger considérablement. Sur la droite, la brume évoluait toujours vers lui.

Nazani rejoignit son supérieur à l’avant et se pencha par-dessus le bastingage. Des veinules électriques tissaient des toiles éphémères bleues qui grésillaient dans la brume. Aram détourna les yeux du spectacle saisissant, qu’elle offrait, pour s’adresser au bosco.

— Elle vient cette manœuvre ?

Où avait-il dégoté une pareille bande de trous du cul ?

Le Sulituan contourna maladroitement la brume en frissonnant. Elle tutoyait presque ses mâts. La frégate acheva enfin sa manœuvre. Le brouillard la loupa de peu, puis finit par se dissoudre dans la nuit. Le Sulituan put amarrer tranquillement près de la terre ferme et vérifier son état avec le lieutenant.

— Les dégâts sont minimes, Capitaine, l’avertit Nazani.

— On ne peut pas en dire autant du reste de la ville. Avez-vous vu le phare ?

Aram ne savait même pas si Petis existait encore ! Il jugea qu’il verrait mieux à la lumière du jour, mais balada malgré tout sa lanterne au pied de l’immense structure. L’escalier de pierre qui y menait présentait des marches fendues, voire carrément manquantes. Le bois pourrissait. Et que penser du baraquement juxtaposé, ce cabanon qui abritait les outils d’entretien ? Des tuiles avaient glissé, une partie de la charpente s’affaissait au-dessus de la façade et des vitres cassées laissaient passer les courants d’air.

— On n’est pas venu l’entretenir depuis des lustres, constata Nazani, songeuse.

— C’est pourtant le seul de la région.

Sans oublier que le centre névralgique de Petis, composé de quartiers d’affaires, de banques intergalactiques et de boutiques de luxe, s’avérait à présent plongé dans une obscurité totale, comme le reste de la ville.

— Je propose une excursion, avança Aram en empruntant la passerelle.

— Là n’est pas notre rôle, capitaine.

Nazani le suivit néanmoins sur le chemin de pierre qui menait aux pontons.

— J’attendais quelqu’un sur les quais. Il n’est pas là, donc je fouine. Et puis ce n’est pas comme si nous pouvions repartir sur-le-champ. Le Sulituan doit se reposer, profitons-en !

Aram adressa à son lieutenant un sourire qui fleurait bon l’aventure et le mystère ; une offre pareille, ça ne se refusait pas.

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