On y est (et même depuis une semaine) : 2018 a débarqué au son d’un éternel recommencement. Si j’apprécie le Nouvel An, je lui préfère nettement moins les sempiternelles bonnes résolutions. On ne les tient jamais, elles entament notre enthousiasme quand on les oublie dans un coin et même simplement quand on y jette un œil, en fait. Ici, comme d’habitude, point de résolutions, mais des objectifs. Et je dois admettre qu’ils m’ont plutôt bien réussi en 2017.

Bienvenue 2018, ou l'éternel recommencement

2018 sera créative ou ne sera pas. Oui, enfin, c’est bien joli sur le papier, mais en réalité, j’ai intérêt à travailler ma concentration parce qu’elle a tendance à se barrer sous les cocotiers.

LES 6 LOIS POUR ORGANISER SON TEMPS DE TRAVAIL

Parce qu’un rappel, à ce niveau, n’est jamais vain et que 2018 mérite de commencer comme il se doit : j’ai nommé les 6 lois qui optimiseront votre temps de travail.

2018 et les 6 lois pour organiser son temps de travail

LA JOURNÉE D’ÉCRITURE IDÉALE

Ces derniers mois, j’ai vu passer pas mal d’articles dédiés à la journée d’écriture idéale. À leur lecture, je me demande souvent si elle existe, cette journée idéale. Me concernant, je pense qu’elle n’arrivera pas plus en 2018 qu’en 2017. Je n’ai pas vraiment de journée idéale, surtout quand je vois comment se déroulerait celle des autres : zéro imprévu, écrire du matin au soir après avoir traîné le matin…

Je gère mes imprévus au fur et à mesure. (Mais ces derniers temps, ils ressemblaient essentiellement à des chroniques des Sempiternels et des services-presse à dédicacer.)  Je ne saurais pas traînasser le matin, puis écrire, car mon meilleur créneau est de bonne heure. Enfin, je n’écris pas toute la journée. Jamais. Plus depuis trois ou quatre ans.

2018 ET LA LOI DE CARLSON

« On limite les interruptions. »

Comment dire qu’en étant écrivain·e, on a souvent – voire quasi systématiquement – besoin de garder un œil sur Internet ? Bien sûr, 2018 n’y dérogera pas, car on n’est jamais à l’abri d’une information ou d’un détail à vérifier dans l’urgence.

On limite donc les interruptions, pas les pauses. Celles-ci me sont essentielles pour me servir un café, jouer avec mon chien ou manger un morceau.

Comme j’écris sur papier, je prépare aussi tout ce qui m’est nécessaire, avant d’entamer une séance d’écriture : synopsis de travail, notes préparatoires, fiches-personnages, images Pinterest…

LA TECHNIQUE DU POMODORO

Je prépare donc tout ce dont j’ai besoin selon une tâche prédéfinie, à laquelle je consacre 25 minutes. Pour le reste de la méthode Pomodoro, j’adapte : 25 minutes d’écriture ou de corrections – 10 minutes de pause – j’y retourne pour 25 minutes, avec mon café – 5 minutes de pause – 25 minutes – pause de 15-20 minutes.

2018 et la technique Pomodoro

Pour la petite anecdote, pomodoro signifie « tomate » en italien. (Pomodori est son pluriel.) Pour la petite anecdote bis, la technique doit son nom au minuteur pomodoro, en forme de tomate.

Je l’utilise aussi pour brainstormer et débroussailler certains projets trop brouillons pour être pensés tels quels. Plus que jamais, elle me sera utile en 2018, car j’ai un énorme projet de fantasy jeunesse à l’approche féministe ; il nécessitera que je ne me mette pas des bâtons dans les roues.

LA TECHNIQUE DE L’ÉPARPILLEMENT

Ça, c’est mon truc à moi : éparpiller les projets pour avoir l’impression d’avancer – surtout que depuis quelques temps, je travaille sur de gros textes. Je m’assois donc sur la loi de Pareto : se concentrer sur l’essentiel. La plupart des auteur·e·s se focalisent sur un chantier pour justement avoir la sensation d’avancer, mais me concernant, c’est tout le contraire. Et comme 2018 ne dérogera pas à la règle du « Trouze mille textes en cours tu auras », je vais quand même devoir limiter les dégâts.

CE QUE M’AURA APPRIS 2017 POUR ANTICIPER 2018

Si 2017 a été l’année du réapprentissage de moi-même, elle m’aura surtout appris que je ne peux m’éparpiller qu’à partir d’un certain stade.

Lire aussi “2017 ou le réapprentissage de moi-même”.

La préparation est toujours chaotique pour moi. Souvent, les éléments d’un premier projet débloquent l’intrigue d’un autre, et ainsi de suite. Si niveau écriture, je m’étale moins, c’est maintenant à condition d’avoir une base préparatoire suffisante pour modeler le roman. C’est mon minimum requis, même si je n’ai pas de synopsis de travail. (Ça m’est arrivé pour l’AT Sorcellerie, je n’ai jamais rédigé mon syno, mais j’avais tous les éléments en tête, fin incluse.)

DE QUOI SERA FAIT 2018

Je ne me mouille pas trop en disant que 2018 verra l’écriture de mon roman fantasy jeunesse, d’une non-fiction et d’un roman fantastique dans la même veine que le Projet Plume. En plus de ce qui est déjà entamé, bien sûr. (Voir la colonne de droite.)

J’envisage très sérieusement de boucler les trois parties d’Ocre rouge pour l’envoyer à d’autres éditeurs. (Qu’un one-shot intéresserait plus.) #LancerDeDés avance plutôt pas mal et je pense qu’il sera prêt pour le printemps. L’envoi aux éditeurs du Projet Petits morceaux devrait se faire ce mois-ci ; j’ai presque fini les corrections et l’ultime relecture suivra de près. Pour Poulpinou, c’est plus compliqué, car je ne sais même pas s’il sera écrit fin 2018. Je sais où je vais, mais n’ai aucune idée de combien de mots ça me prendra. (C’est une première chez moi !)

MA LOI DU PAS APRÈS L’AUTRE

J’ai, moi aussi, une sorte de loi pour avancer et je compte bien m’y tenir encore en 2018 : un pas après l’autre et ne pas me forcer au-delà du raisonnable. Le raisonnable, c’est moi qui en établis la limite, mais moins les yeux sur l’écran ou les carnets et plus le nez dans les bouquins est un ratio qui me plaît bien. Je continuerai donc en 2018 ce que j’ai commencé en 2017. Et plus encore.

LE PETIT PLUS : UN ENVIRONNEMENT QUI VOUS RESSEMBLE

Je lis souvent qu’un bureau, un bureau propre et débarrassé du superflu, une pièce dédiée, voire une certaine ambiance aident à l’écriture. Je pense surtout que travailler dans un environnement qui vous corresponde est le B.A.BA de l’écriture. Si, comme moi, écrire sur un bureau impeccable vous chamboule, passez outre le rangement et attaquez votre session de mots.

 

J’écris, donc je suis. #bureaudauteure #ecriture #bureau #decoration

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Ici, je venais de ranger par la force des choses : j’ai installé de nouveaux meubles et revu l’agencement de la pièce, mais les deux bureaux sont déjà sens dessus dessous.

Si votre truc, c’est de travailler dans un café, rien ne vous en empêche ! Même si on ne vous y propose pas le wifi pour une question de convivialité (ce que je vois de plus en plus), vous êtes libre de choisir un autre lieu : médiathèque, train, nouveau café…

L’AUTRE PETIT PLUS : LES TRUCS ET ASTUCES DES AUTEUR·E·S NE SONT PAS ADAPTÉS À TOU·TE·S

J’en sème ici, mais je le dis et le répète : tous les trucs et astuces des autres ne sont pas forcément adaptés à votre façon de travailler. Ni de concevoir l’écriture. Certain·e·s écrivent pour le plaisir, d’autres envisagent de publier. Pareil pour les conseils du genre « Levez-vous plus tôt pour écrire. » Si vous êtes du soir, je doute que vous ayez envie d’aligner des mots à 4 h 30 du matin, avant de partir au boulot. S’il faut savoir se faire quelquefois violence pour trouver le temps d’écrire, il faut aussi apprendre à s’écouter, à gérer en fonction de ses habitudes et définir son créneau de productivité, puis s’y adapter.

 

Et chez vous, quoi de prévu pour 2018 : de nouvelles habitudes ou avez-vous trouvé votre rythme de croisière ? Qu’attendez-vous de cette année ?

Bienvenue 2018, ou l’éternel recommencement : ni bonnes résolutions ni deadlines intenables
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5 avis sur « Bienvenue 2018, ou l’éternel recommencement : ni bonnes résolutions ni deadlines intenables »

  • janvier 9, 2018 à 3 h 21 min
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    Je me retrouve pas mal dans tes “résolutions”! Même si tu n’aimes pas ce mot… 😉 J’ai décidé aussi de reprendre le minuteur tomate, histoire de me forcer à prendre des pauses régulières. D’expérience, ça m’aide à m’équilibrer, à faire tout ce que je dois faire et dans les temps (sinon, ma tendance naturelle est de ne jamais m’arrêter, mais ça veut forcément dire sacrifier d’autres obligations… par ex, si je m’écoutais, je ne répondrais jamais à mes courriels!).

    Pour l’éparpillement, j’hésitais jusqu’au dernier moment, mais là, je suis partie pour faire plutôt comme toi. Je ne peux pas me permettre de perdre du temps si je bloque sur un projet, ou de laisser passer de bonnes inspirations juste parce que je suis censée travailler sur un autre… Et vu que les idées ne manquent pas, je vais donc ouvrir plusieurs chantier et les avancer l’un après l’autre, selon quand ça me tentera!

    Idem pour le bureau… Ce n’est pas tant que je n’aime pas avoir un bureau rangé, mais plutôt que travailler au milieu d’un infâme bazar ne me trouble pas du tout, alors à quoi bon s’ajouter une corvée? Je ne sais pas si ça reflète l’intérieur de mon cerveau… 🙂 Je travaille aussi en partie sur papier, et comme il n’y a pas de place sur mon bureau (l’ordi prend toute la surface), ça veut dire que je me retrouve souvent sur la table de la salle à manger (et là aussi mon bazar s’accumule très vite, va comprendre!), voire dehors pendant la belle saison.

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    • février 2, 2018 à 16 h 02 min
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      “Je ne peux pas me permettre de perdre du temps si je bloque sur un projet, ou de laisser passer de bonnes inspirations juste parce que je suis censée travailler sur un autre…” C’est carrément ça !

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  • janvier 11, 2018 à 5 h 45 min
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    J’ai entendu parler de ton blog sur Hurler Sans Bruit, le podcast sur l’écriture (qui d’ailleurs est au point mort malheureusement) et j’avoue ne pas être déçue ! Je vais à coup sûr tenter l’auto-édition, et je pense trouver sur ce blog assez d’informations pour pouvoir me créer un solide bagage théorique avant de passer le cap.
    Merci pour tout ce contenu !

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    • février 2, 2018 à 15 h 58 min
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      Si jamais tu as besoin de conseils pour l’autoédition, n’hésite pas, car je suis loin d’avoir abordé tous les aspects.

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  • Ping :Trois mois d'objectifs d'écriture : où en est-on ? | Aude Réco

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